ENSEMBLE, AVEC LE CHRIST, BATISSONS UN MONDE DE LUMIERE. SOYONS DES CONSTRUCTEURS ET NON DES DEMOLISSEURS. POUR LE CHRIST ET SON PEUPLE, TOUT EST POSSIBLE.

Le père fondateur parle de BYM

 

 

 

Monseigneur, d'où vous est venue l'idée de ce mouvement?

Je peux dire qu'elle est arrivée par étapes. D'abord, des mots d'encouragement du Père Ambroise, recteur au Petit Séminaire de Bolongo, qui me disait: "Il y a du feu en toi, va jusqu'au bout; autrement tu auras des comptes à rendre devant Dieu". Il me poussait à écrire et à composer des chants. Le premier livre que j'ai écrit "Réveille-toi jeunesse" n'est que le résumé de la vie que j'ai passée à Bolongo.  Mon directeur de conscience aussi m'exhortait: "Si tu deviens prêtre, aime la jeunesse; parce que tout ce qu'on fait pour les jeunes n'est jamais perdu".

Puis, la thèse de doctorat en sociologie à l'université Grégorienne, à Rome. J'ai choisi comme sujet: "Le phénomène Hippie". C'est dans les années 1965-1968. Pendant deux ans, avec l'accord de mes supérieurs, j'ai vécu avec les Hippies, dans la clandestinité: ils ne savaient pas que j'étais prêtre. À la fin de mes recherches, je leur ai avoué que j'étais  prêtre et que j'étais avec eux pour mieux les connaître. À la défense de ma thèse, la salle était pleine des Hippies qui applaudissaient à chaque réponse.

Et la troisième étape?

Le jour où le Cardinal Malula, en me confiant la pastorale de la jeunesse de Kinshasa, m'a dit: "Essayez de rassembler les jeunes, de les animer et les motiver. Mais trouvez quelque chose de nouveau, en partant de l'expérience que vous avez faite avec les Hippies".

En vous disant cela, qu'est-ce que le Cardinal entendait?

Vous savez que le Cardinal Malula était l'homme de l'inculturation. Il m'a dit: "J'ai lutté pour l'inculturation de la vie religieuse; vous allez m'aider à inculturer la pastorale des jeunes.

Inspirez-vous de ce qui se passe dans la tradition. Il m'a donné deux mois pour aller circuler dans mon village, du côté des Ngbaka et Ngbandi (Équateur) où je suis né, où j'ai grandi et où j'ai assisté à l'initiation. J'avais une double mission: celle de rassembler les éléments aussi bien pour l'inculturation de la liturgie que de la pastorale des jeunes.

Quels sont les éléments que vous avez retenus?

Le plus important, c'est l'idée selon laquelle la société n'est pas portée par les vivants, mais par "les morts-vivants", c'est-à-dire, les ancêtres, qui ont aimé et servi la communauté, et que Dieu a récompensés en les plaçant dans leur "paradis",  c. à d., "le village des ancêtres".

Ce sont eux qui continuent à soutenir le clan; il faut être en lien avec eux, si l'on veut être utile au clan.

Pour les chrétiens, c'est Jésus-Christ qui est le chef suprême du clan, sur qui notre vie doit être basée, à partir du baptême Le monde visible doit être conduit par le monde invisible. Et pour le chrétien, c'est Jésus qui est le chemin, la vie, la vérité et la pierre angulaire sur laquelle on doit construire. On doit s'attacher à Lui et participer à sa vie, car il est vivant sous tant des signes, qui sont sa parole, l'eucharistie, les pauvres etc. L'initiateur qui fait cette expérience peut dire aux autres: "Suivez-moi et je vous montrerai le secret du Christ".

Y a-t-il d'autres valeurs dans la pédagogie des bilenge?

Oui, par exemple, le sens de la vie commune et de la solidarité, étant donné que les initiés doivent apprendre à mourir ensemble et à ressusciter ensemble. Il y a aussi des  épreuves initiatiques, tout comme dans la tradition, qui imposait une période de vie rude. Sans l'ascèse, on ne comprendra jamais le sens profond de la croix dont parle Jésus.

Quel est le rôle du feu qu'on allume dans certaines cérémonies?

Le feu a un double sens: d'abord il purifie. C'est ainsi que beaucoup de cérémonies de réconciliation se passent autour du feu. Ensuite, le feu est l'image de la vie.

Cependant, il faut savoir que les symboles ne valent que dans la mesure où on leur donne un sens. C'est pourquoi dans la pastorale des Bilenge ya Mwinda, j'ai encouragé l'introduction d'autres symboles, même s'ils ne viennent pas de la tradition négro-africaine, pourvu qu'ils contribuent à amener les jeunes à rencontrer Jésus-Christ.

La formation des Bilenge ya Mwinda met l'accent sur l'approfondissement

des 16  mystiques.

L'expression "mystique", nous l'avons utilisée dans le contexte des jeunes. Ces derniers, en effet, chaque fois qu'ils sont devant quelque chose d'un peu drôle, qui les dépasse et qu'ils ne comprennent pas, ils disent que c'est mystique. Ainsi les 16 mystiques sont des valeurs que les jeunes doivent essayer de faire entrer dans leur vie, parce que ce sont des valeurs du royaume. Nous n'avons pas voulu les appeler "commandements", parce que nous savons que les jeunes n'aiment pas ce mot-là.. Et pourtant les mystiques ne sont pas des commandements au négatif: ce sont des secrets de la réussite de la vie des jeunes et même de l'Église.

Ce message est-il encore valable pour les jeunes d'aujourd'hui?(L'an 2000)

Je vous réponds en vous retournant la question. Vous savez bien que l'essentiel de la vie chrétienne, c'est d'abord de connaître le Christ, découvrir sa personne, ses enseignements et ses actions, et surtout vivre son commandement d'amour. Pensez-vous que dans le troisième millénaire les jeunes – et nous tous - ne sentiront pas, comme aujourd'hui, le besoin de faire l'expérience de Jésus? Quand je dis 'nous', je parle des jeunes, des laïcs, mais aussi des évêques, prêtres, religieux et religieuses, parce que nous devons être pour les jeunes des personnes qui ont fait l'expérience de Jésus et qui peuvent leur dire "soyez mes imitateurs comme moi je le suis du Christ".

Propos recueillis par Louis Kalonji

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A bas les hyprocrites, tout droit. Tozala lokola mungwa na bileyi, mpe mwinda na mokili.

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